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10th edition

Claude Wilfrid Etoka : « les acteurs économiques congolais doivent aller à la conquête de l’Afrique »

Lauréat,  lors de la 6ème édition des prix des Bâtisseurs de l’Economie africaine tenue le 30 avril à Abidjan, en Côte d’Ivoire, le président directeur général de la société africaine de recherche pétrolière  (SARPD Oil) basée au Maroc, Claude Wilfrid Etoka a invité les acteurs économiques du Congo à aller à la conquête de l’Afrique. Celui qui se considère comme ambassadeur du business pour le Congo au Maroc parle, dans une interview aux Dépêches de Brazzaville, de son parcours, ses projets au Congo et sa participation dans la marche vers la diversification de l’économie congolaise.

Les Dépêches de Brazzaville : Récipiendaire du prix des Bâtisseurs de l’économie africaine qui reconnait les mérites des hommes d’affaires du continent. Que représente pour vous ce trophée ?

Claude Wilfrid Etoka : C’est une marque de reconnaissance pour tout ce que je fais en termes de participation à l’émergence de l’économie africaine, en général et congolaise en particulier. Ce trophée, je le dédie à la jeunesse congolaise qui doit se mettre au travail en suivant le modèle de ceux qui comme moi  prospèrent dans le monde des affaires. Elle peut elle aussi réussir parce qu’elle en a les moyens et les atouts nécessaires.

LDB : En quoi vous reconnaissez-vous bâtisseur  de l’Economie ?

C.W.E : J’en suis un parmi tant d’autres parce que j’investi aujourd’hui dans huit pays d’Afrique (Congo, RDC, RCA, Cameroun, Tchad et Maroc), chose difficile pour plusieurs hommes d’affaires du continent qui se limitent beaucoup plus au marché local.

LDB : Quel est votre parcours dans ce monde complexe du business ?

CWE : J’ai commencé à développer, dans les années 1990, une société de prestation de services (Delta Marine) avant de rentrer, en 2004, dans le monde traditionnel du pétrole. Entre temps, entre 1992-1995, j’ai été un importateur de pneumatique, une dérivée des produits pétroliers qui m’a  conduit aujourd’hui dans le monde du pétrole proprement dit.

LDB : Jeune entrepreneur congolais, qu’est-ce qui justifie la délocalisation de vos Affaires au Maroc ?

CW.E : Le Maroc est aujourd’hui un modèle pour le Congo et pour l’Afrique, car il a beaucoup développé des services dont les plates-formes offshoring à travers les Zones économiques spéciales dédiées notamment aux différents services. En tant que société à vocation africaine, SARPD oil, nous avons choisi de nous y installer parce que le Maroc est un véritable hub qui nous permet d’être en interface entre l’Europe, l’Afrique et les autres continents, tant en terme de mobilité que d’échange. Ceci dit, fort de l’expérience acquise dans ce pays, nous envisageons de dupliquer ce modèle au Congo pour contribuer à la croissance économique et à l’émergence de notre pays où se développent également des Zones économiques spéciales.

LDB : En interface entre les producteurs du brut, des raffineurs et ceux qui commercialisent le pétrole, comment surfer-vous dans ce domaine ?

C.W.E : Pour avoir débuté dans les dérivées du pétrole, il a été plus aisé pour moi d’y arriver.

LDB : Face à la récession du cours du prix du pétrole au niveau mondial, quelle appréciation faites-vous de cette crise ?

C.W.E : Il est vrai que cette récession est beaucoup plus ressentie dans les pays producteurs de pétrole comme le nôtre. Cela appel à réfléchir sur l’après pétrole d’où la nécessité de se tourner vers l’agriculture, à l’instar du Maroc qui est très cité parmi les plus grands exportateurs des fruits et légumes.

Ainsi, ayant compris cela, nous développons actuellement des contacts avec l’office chérifien que nous avons d’ailleurs invité au Congo pour discuter avec le ministre de l’Agriculture en vue d’un développement de certaines cultures et valoriser nos surfaces cultivables, dans le cadre de la diversification de notre économie souvent dépendante de l’or noir.

Dans ce contexte, nous allons organiser un forum international sur comment investir. Pour cela, en partenariat avec le ministère du développement industriel, nous avons créé une plate-forme qui permettra de faire venir plus d’une centaine d’investisseurs au Congo pour leur présenter des opportunités d’investissements en rapport avec nos ressources.

LDB : Le Congo se trouve dans une dynamique d’émergence à l’horizon 2025. Vous sentez-vous impliqués dans cette démarche ? 

CWE : Effectivement. C’est d’ailleurs dans ce cadre que nous avons décidé de relancer les activités de Sangha Palme qui a permis de créer 5000 emplois avec un objectif d’atteindre 15 à 20 mille emplois dans les quatre voire cinq années avenirs.

Dans ce département, notamment à Mokéko, nous développons les activités de production d’huile de palme dont un échantillon a été déjà remis au ministre du développement industriel,  Isidore Mvouba, en attendant l’inauguration de l’usine au mois d’août.

LDB : Vous considérez-vous comme un ambassadeur du business pour le Congo au Maroc ?

CWE : Pas seulement au Maroc, mais plutôt dans plusieurs pays, car nous sommes en train de travailler pour ramener chez nous certaines cultures telles que la Tenera parti du Congo pour la Malaisie et le Singapour. Imaginez-vous que les mangues greffiers produites aujourd’hui en Côte d’Ivoire étaient parties de Loudima au Congo. C’est dire que notre ambition en tant qu’ambassadeur du business à l’étranger c’est aussi de rapatrier nos cultures pour contribuer au développement du secteur agricole.

LDB : Un message aux acteurs économiques congolais ?

C.W.E : Qu’ils pensent à aller à la conquête de l’Afrique car ils ont de la place dans ce grand marché. Le management d’aujourd’hui n’est plus celui d’hier d’où l’invite de voir grand et viser haut comme nous le faisons  afin qu’ils deviennent des véritables bâtisseurs du Congo de demain. Que les jeunes pensent  au développement de l’agriculture de notre pays pour sortir du carcan de pays importateurs à celui d’exportateurs des produits agricoles, en vue d’un plus grand rapatriement des devises au Congo.

Encadré

A l’origine de plusieurs créations d’entreprises dans des secteurs divers, Claude Wilfrid Etoka a débuté sa carrière en 1993 dans l’import de pneumatique avec la société Delta Marine au chiffre d’affaires de 1,8 milliards FCFA. En 2006, il fonde SARPD Oil.

Face aux multiples avantages qu’offre son positionnement géostratégique au Maroc, il décidé de s’implanter en 2011la plus grande partie de ses opérations à Rabat au Maroc où il s’est imposé comme un trader pétrolier et un fournisseur de services connexes de premier plan.

En 2013, Claude Wildrid Etoka a fait son entrée dans le capital d’Eco Oil Energy, une entreprise de production industrielle d’huile de  palme, principale société dans la relance de cette filière au Congo.

Légendes et crédits photo : 

1° Claude Wilfrid Etoka recevant son prix des bâtisseurs de l'Economie;
2° Claude Wilfrid Etoka congratulé par le président de la BAD, Donlad Kaberuka./ photo guy-gervais (ADIAC).

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